La réouverture de l’Orient-Express en 2025 ne suit pas le calendrier habituel de l’industrie ferroviaire de luxe : certains itinéraires ne seront confirmés qu’à la dernière minute, en raison de négociations encore en cours avec plusieurs pays européens. Contrairement à la majorité des trains mythiques, l’accès aux réservations s’effectue d’abord sur liste d’attente, sans garantie de date précise.
Les tarifs affichés ne tiennent pas compte de certains frais annexes, comme les taxes locales ou les services privés à bord. À ce jour, seuls quelques modèles originaux des années 1920 entreront en circulation, alors que la plupart des trains de légende misent sur des reproductions modernes.
L’Orient-Express, une légende née sur les rails
Nul besoin d’exagérer : l’Orient-Express n’est pas un train comme les autres, il a changé la donne du voyage ferroviaire dès ses débuts. En 1872, Georges Nagelmackers, ingénieur belge visionnaire, fonde la Compagnie Internationale des Wagons-Lits avec une ambition claire : relier l’Ouest et l’Est de l’Europe, donner naissance à une ligne régulière, confortable, sûre et élégante. Le 4 octobre 1883, le premier train s’élance de Paris, direction Istanbul. Rapidement, le réseau de chemins de fer européens s’étend et la légende Orient-Express s’installe dans l’imaginaire collectif.
L’exigence règne à bord : wagons-lits et voitures-lits multiplient les raffinements. Boiseries rares, marqueterie, luminaires en cristal et tissus précieux : chaque détail transpire la sophistication. Entre la gare de l’Est et la Corne d’Or, diplomates, têtes couronnées, espions et écrivains arpentent les couloirs feutrés. L’Orient-Express devient un théâtre où s’entremêlent intrigues et rencontres inattendues.
Au fil des décennies, la succession des exploitants, de la SNCF au groupe Accor, perpétue un esprit pionnier. Malgré les guerres, les bouleversements technologiques, la marque reste synonyme d’aventure et de prestige. Sur la grande scène du chemin de fer européen, l’Orient-Express garde sa place à part, en conjuguant le patrimoine ferroviaire et l’art de vivre à l’européenne.
Pourquoi ce train fascine-t-il encore aujourd’hui ?
Impossible de parler de l’Orient-Express sans évoquer cette fascination qui traverse les générations. Ce train n’est pas seulement un écrin de luxe : il incarne un art du voyage, une expérience immersive où chaque détail compte. Le charme opère immédiatement : boiseries anciennes, lumière tamisée, vaisselle siglée, un décor qui donne l’impression que le temps s’est arrêté pour laisser place au rêve et à la contemplation.
Ce train attire les passionnés de récits et d’aventures pour une raison supplémentaire : son itinéraire. Paris-Istanbul, ce n’est pas qu’une simple liaison ferroviaire, c’est une traversée de l’Europe, une plongée dans l’histoire et la littérature. Agatha Christie s’est inspirée de ses nuits à bord pour écrire Le Crime de l’Orient-Express. Paul Morand a saisi dans ces voitures-lits l’atmosphère bouillonnante de l’entre-deux-guerres.
La force de l’Orient-Express réside aussi dans cette promesse : offrir à la fois l’aventure et l’intimité, la rencontre et le secret. Les conversations se murmurent à l’abri des regards, les paysages défilent lentement, loin du tumulte des gares actuelles. Ce train, plus que tout autre, cristallise le désir de sortir du quotidien, de toucher à l’exception, de croiser histoire, rêve et élégance.
À quoi ressemble l’expérience à bord en 2025 : itinéraires, décors et plaisirs d’exception
En 2025, l’Orient-Express s’offre un retour attendu, fidèle à son esprit originel mais résolument tourné vers le présent. La promesse reste la même : rallier Paris à Istanbul avec panache, en passant par des villes emblématiques comme Budapest, Vienne ou Bucarest selon le trajet retenu. Chaque escale vaut le détour, chaque portion du parcours dévoile un morceau d’Europe, à savourer sans se presser.
L’atmosphère à bord est unique. Les voitures-lits restaurées sous la direction d’Accor renouent avec l’éclat de l’époque Art déco : marqueteries d’époque, cuirs patinés, rideaux pesants, tout concourt à la sensation d’un voyage hors du temps. Le service s’inspire de la tradition de la Compagnie Internationale des Wagons-Lits. Dans la voiture-restaurant, les menus mettent en avant les produits locaux traversés par le train, tandis que la cave à vins, sélectionnée avec soin, sublime chaque étape du repas, du dîner au petit-déjeuner.
Côté tarifs, l’expérience se mérite : il faut compter plusieurs milliers d’euros par personne, selon la cabine, la saison et le parcours choisi. Les réservations se font des mois à l’avance, tant la demande surpasse l’offre. Les passionnés de voyages d’exception, venus du monde entier, se pressent pour goûter à cette aventure ferroviaire. Sur l’Orient-Express, le luxe prend son temps. Il s’exprime dans la précision des gestes du personnel, la beauté d’un décor restauré, la lenteur du voyage. Une parenthèse rare, loin des standards du tourisme de masse.
Voyage en train de luxe : d’autres horizons à explorer pour les amateurs d’aventure
Découvrir l’Orient-Express, c’est ouvrir la porte d’un univers plus vaste : celui des trains de luxe à travers le monde. Chaque continent a développé sa propre vision du voyage raffiné sur rails. Les trains touristiques réinventent le plaisir du trajet, en offrant à ceux qui les choisissent des expériences inédites, où le confort côtoie l’émerveillement.
Voici quelques itinéraires de renom à considérer pour prolonger le rêve :
- Le Venice Simplon-Orient-Express relie Londres à Venise, prolongeant la tradition des grandes traversées européennes.
- En Afrique du Sud, le Rovos Rail propose un voyage d’époque sur fond de paysages sans fin, entre Pretoria et Le Cap.
- En Asie, le Eastern & Oriental Express traverse la Malaisie et la Thaïlande pour une immersion dans des cultures vibrantes.
Ces trains, véritables palaces sur rails, déclinent le raffinement à leur manière : cabines somptueuses, service ultra-personnalisé, gastronomie exigeante. Le concept de train touristique s’élargit à des itinéraires confidentiels, où la rareté rivalise avec l’élégance. Le Royal Scotsman serpente au cœur des Highlands écossais ; le Belmond Andean Explorer traverse les hauts plateaux péruviens.
Chaque trajet impose son rythme, bien loin de la course contre la montre qui régit nos quotidiens. Le train, ce moyen de transport intemporel, offre une bulle de contemplation et d’art de vivre, savourée par ceux qui osent ralentir et se laisser porter. Celui qui s’aventure sur ces lignes n’en revient jamais tout à fait le même.


