Venise ne s’explique pas, elle s’impose. Cette cité italienne posée sur 118 îlots de la lagune vénitienne, au nord du pays, fascine autant qu’elle intrigue. Venise attire des visiteurs venus de partout, tous désireux de percer le mystère de cette ville qui semble flotter entre eau, roseaux et marécages. Ce décor unique, qui a fait de Venise l’une des destinations les plus romantiques au monde, interroge : comment cette ville a-t-elle vu le jour, en défiant la logique et les éléments ?
Aux origines, un besoin de survie
Venise a été fondée le 25 mars 421. Mais pour comprendre sa naissance, il faut revenir au Ve siècle, une période où l’Italie subissait les invasions barbares. Face à la menace, des familles entières ont dû quitter leur foyer. Leur salut, elles l’ont cherché dans la lagune, sur des îles saturées d’eau, là où ne vivaient alors que quelques pêcheurs. Progressivement, à mesure que les attaques se multipliaient, la lagune s’est remplie d’exilés. La nécessité a alors pris le dessus : il fallait bâtir un nouveau foyer, et ce serait ici, malgré les contraintes du marécage.
Les défis d’une ville sur l’eau
Construire à Venise, c’est relever un défi permanent. Les nouveaux arrivants ont dû renforcer les îlots, drainer l’eau, et surtout agrandir leur territoire tout en préservant un écosystème déjà vulnérable. Pour y parvenir, ils ont creusé des canaux par centaines, consolidé les berges avec des pieux en bois robustes, et utilisé ce même bois pour les fondations de leurs maisons. Immergés dans l’eau, ces pieux ne pourrissaient pas, offrant une base stable. Encore aujourd’hui, nombre de bâtiments vénitiens reposent sur ces fondations millénaires, tenaces malgré le temps.
Un équilibre menacé
Venise a beau défier l’eau, elle n’a jamais cessé de s’enfoncer. Dès sa construction, la ville a commencé à s’affaisser sous son propre poids, tassant la vase et le sable. Les marées compliquent encore la situation, provoquant des inondations régulières : la fameuse acqua alta, devenu presque un rite. En un siècle, Venise a perdu 23 centimètres d’altitude. Les scientifiques tirent la sonnette d’alarme : la hausse du niveau de la mer, liée au réchauffement climatique, pourrait engloutir la ville d’ici 2100, noyant ses ruelles et ses palais sous les eaux adriatiques.
Pourtant, les Vénitiens ne baissent pas les bras. À coup de projets d’ingénierie, d’initiatives de sauvegarde et d’inventions parfois radicales, ils s’acharnent à protéger leur cité. Venise, fragile et résistante à la fois, continue de tenir tête à la mer, pour combien de temps encore ?




