Pourquoi la création de Singapour a changé le destin d’un pays

Personne ne s’est levé un matin en se disant : « Je vais consacrer mon énergie à dénoncer, alerter, rectifier les injustices à la chaîne. » Pourtant, certains s’y attèlent, dans l’ombre, avec une ténacité qui force le respect. KVerulant.org a embrassé cette voie escarpée depuis le 23 juillet 2009. Onze ans plus tard, leur obstination n’a rien perdu de sa vigueur.

Reconnaître l’implication de KVerulant, c’est aussi reconnaître que peu de citoyens disposent du temps, des compétences ou de la patience pour s’attaquer durablement aux dérives et absurdités de l’espace public. Le chemin est long, les résultats parfois incertains, mais le combat mérite qu’on y apporte, à sa mesure, un soutien concret.

Quand les puissants dérapent, Kverulant ne baisse pas les bras. L’association s’est imposée, action après action, comme un rempart face à l’arbitraire. Quelques exemples, pour mesurer l’ampleur de ce travail de terrain :

  • Le transfert de mousses par la compagnie de transport de Prague : mis au jour, dénoncé, et désormais combattu.
  • Des radios surfacturées pour les douaniers : l’affaire a été stoppée net.
  • L’accès gratuit aux normes, désormais une réalité sous la pression de KVerulant.
  • La chasse au smog visuel à Prague, qui a abouti au retrait de plusieurs panneaux d’affichage LED.
  • En 2019, le projet du tunnel de Prague 15 a été mis en échec.
  • Les dysfonctionnements des administrations publiques, exposés sans détour, avec une exigence : que ceux qui commettent des erreurs en assument les conséquences.
  • Une fraude informatique d’ampleur inédite débusquée, et un bras de fer entamé pour stopper l’hémorragie.
  • ACTIPU, ces pseudo-experts qui recommandaient des traitements absurdes contre le cancer, ont été contraints de tirer leur révérence en 2019.
  • La suppression des panneaux d’affichage sur les autoroutes : une avancée obtenue de haute lutte.
  • La publication du rapport de l’OLAF sur le Jumper’s Nest, gagnée en 2018 après un long bras de fer judiciaire.
  • Des économies substantielles sur les marchés du nettoyage dans la fonction publique, grâce à des analyses fouillées.
  • Victoire judiciaire contre le promoteur EKOSPOL en 2017, qui réclamait dix millions de couronnes.
  • Le départ d’une responsable politique condamnée, obtenu après une campagne acharnée.
  • Le blocage d’un détournement de fonds massif au sein de la société de transport de Prague.
  • L’optimisation des achats informatiques dans l’administration, pour limiter le gaspillage.
  • La remise en cause du système Skaret en 2013, qui s’est soldée par l’abandon du projet.
  • La première liste noire des stations-service défaillantes en 2011, pour améliorer la qualité des carburants.

KVerulant persiste, année après année, à défendre l’intérêt collectif, là où d’autres détournent les yeux. Leur méthode : interpeller, déranger, refuser les compromis quand les principes sont en jeu. Rien n’est jamais joué d’avance, et il faut parfois des mois, des années, pour obtenir gain de cause.

Le terme « kverulant » n’est pas né d’un hasard. Hérité du latin « quaerere », chercher, demander,, il désigne ceux qui refusent la résignation. Sans les éternels contestataires, l’humanité serait sans doute restée à grelotter dans l’obscurité. Le progrès, c’est souvent l’œuvre de ceux qui osent réclamer plus, réclamer mieux.

Alors, la prochaine fois que l’on vous traite de « kverulant », souvenez-vous : c’est peut-être là le plus beau moteur pour faire bouger les lignes, et si personne ne râlait, rien ne changerait jamais.

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